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comme ginerhàlstuech

De l’alsacien Zìginer « romanichel », le Zìginerhàlstuech désigne donc « le foulard des romanichels » qui se présente généralement comme un long foulard à longue frange noir, imprimé de fleurs multicolores à dominante rouge. Les femmes aisées de la région de Seebach, dans sa partie catholique, en portaient parfois le dimanche.

Le foulard ou le châle est, plus généralement, la pièce maîtresse du costume traditionnel des femmes alsaciennes, catholiques ou protestantes. Drapé ou fixé sur les épaules, le foulard / châle compte de nombreuses variantes et son motif ainsi que sa disposition pouvait avoir une signification sur les circonstances et la confession religieuse. On trouve avec peine, aujourd’hui, des costumes anciens en bon état car les paysannes essayaient de maximiser leur costume, le recyclant souvent quand il était trop usé.

Il est difficile d’être exhaustif pour évoquer le costume féminin alsacien. Riches et variés, les costumes sont, comme l’écrit Marguerite Doerflinger, « les témoins de la vitalité créatrice du monde paysan face aux impératifs de règlements sévères ou de l’évolution de la mode citadine. (…) L’art populaire trouve ainsi son expression la plus vivante et la plus colorée dans le chatoiement des costumes locaux si divers d’une région, d’un village, d’une appartenance religieuse à l’autre, et évoluant peu à peu au fil des ans. » ¹

En effet, si nous retenons principalement aujourd’hui du costume féminin alsacien la longue jupe rouge et le gros nœud noir placé sur la tête, il faut savoir que ce cliché n’est qu’épisodique et plutôt récent (XIXème siècle). Il y a, malgré cette diversité vestimentaire, quelques éléments constitutifs du costume: la chemise, la collerette, la jupe, le corselet, les rubans, les plastrons et devantiers, le tablier, les bas, les chaussures, le casaquin et le châle. Le Zìginerhàlstuech est la preuve que le costume est l’empreinte de mutations sociales, de l’apport culturel de populations extérieures.

Dans le cabaret, le travail du costume est extrêmement important. Donner corps à un personnage, lui donner un ancrage ou en jouer… le costume en dit beaucoup et fait partie intégrante du spectacle. Ainsi, pour le Barabli, il faut louer le travail d’Inès Wagner qui créa les costumes d’un peu plus de quarante revues : « Mon rôle commence environ six semaines avant la première. Germain me donne les indications sur les différents sketchs, me dit qui va interpréter les différents rôles, et indique s’il préfère des costumes réalistes ou des pastiches. Je prépare plusieurs esquisses pour chaque ensemble de costumes et je les lui présente. Il fait son choix ou donne d’autres directives : ce costume-là plus sportif, celui-ci plus exotique…, corrige une couleur, un accessoire. » ² Inès Wagner prépare donc des dessins plus élaborés pour la couturière. Pendant quelques années, elle s’occupait aussi de l’achat des accessoires et des tissus. Au sortir de la guerre, le tissu était rare. Place alors à la débrouille : pour les costumes du Barabli, on découpait même dans les rideaux du salon de la mère de Germain !

- Art plastique (6 ans et +) : À partir des éléments composant le costume alsacien du XIXe siècle (se rendre au Musée Alsacien, salle des costume), imaginer son propre costume et le dessiner. Voir aussi le travail des élèves du lycée Jean Rostand.

Activités

1 : Ouvrage collectif Folklore et tradition en Alsace, article « Les costumes alsaciens » par Marguerite Doerflinger, ed.Saep Colmar-Ingersheim, 1973.
2 : 42 Johr « Barabli », Histoire d’un cabaret alsacien. Ouvrage écrit sous la direction de Malou Schneider, Musée de la Ville de Strasbourg, ed Oberlin, 1988, p.108.
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