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comme Wäschbrìtsch

Jusque dans les années 1950, de drôles de cabanons flottaient sur l’Ill et le Canal du Faux Rempart à Strasbourg. Des femmes s’y affairaient toute la journée, le linge à la main. Ce sont en effet des bateaux-lavoirs, en alsacien Wäschbrìtsch « caisse-à-laver » (désignant par extension tout le bateau-lavoir) qui coloraient le paysage strasbourgeois mais aussi dans d’autres villes de France. De taille plus ou moins modeste, les bateaux-lavoirs sont un passage obligé pour les habitants, même s’il existe quelques blanchisseries en ville. Il existe différents type d’aménagement pour ces structures.

En Alsace, les Wäschbrìtsche font bel et bien partie du patrimoine. On comptait en moyenne entre six et douze laveuses dans ce type d’aménagement. Seuls les femmes et les enfants y avaient accès. On caricature souvent la laveuse d’antan comme une femme forte au caractère bien trempé.

Les conditions climatiques (froid, forte pluie etc.) rendaient plus ou moins difficile leur tâche, d’autant plus que la priorité était donné à la batellerie – le transport fluvial – dont il ne fallait pas obstruer l’activité.

La Wäschbrìtsch typique strasbourgeois est construit ainsi : « bâtis diversement sur deux pilotis ou deux chevalets que supporte une plate-forme en planches, leur dimension varie. En 1922, le lavoir construit dans le lit du canal des Français mesure 8 mètres de long, 3,20 mètres de large et comporte dix places. D’autres sont plus vastes : 28 mètres de long, 2,80 m de large, peuvent loger vingt-quatre lavandières.

Pour éviter que la plate-forme ne soit enlevée, on l’assujettit par des broches dont la longueur sera au moins double de l’épaisseur des planches constituant la plate-forme. Pour éviter les crues, le dessus de la plate-forme sera situé à trente centimètres au-dessus du niveau normal des eaux moyennes. Les bateaux-lavoirs nécessitaient donc entretien et surveillance constants de la part des propriétaires qui veillaient au bon état de leur capital flottant.»¹

Le mode d’exploitation de ces lavoirs dépendait : gratuit dans les villages, ils étaient alors entretenus par les habitants. En ville, l’accès était payant mais beaucoup plus abordable que dans les lavoirs privés.

Dans un sketch du Barabli, Germain Muller rend hommage aux Wäschbrìtsche. Dinah Faust y interprète alors une lavandière.²

- Visite (8 ans et +) : L’élève est un visiteur du futur qui se retrouve à la Petite France de la fin du XIXe – début XXe siècle. Quels métiers exerçaient les Strasbourgeois d’antan ? Quels bâtiments témoignent encore de ces anciennes activités ? … Rendez-compte de votre « visite » dans un journal fictif.

Activités

1 : Anny Bloch-Raymond, « Bateaux-lavoirs, buanderies et blanchisseries : des relations entre espace public et espace privé. », article paru dans la Revue des Sciences Sociales N° 13 & 13bis – 1984
2 : cf. Ronald Hirlé et Dinah Faust – Le Barabli, histoire d’un cabaret bilingue, p.90-91
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