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comme Satire, Stùb

Satire

« Le droit à la critique est non seulement un des droits sacrés de l’homme, il est aussi une hygiène de l’Etat. »

Germain Muller

La satire est une longue tradition française. Grâce au dessin, à la littérature, ou à la chanson, la satire permet la critique en ridiculisant les mœurs et les comportements humains. La tradition satirique est particulièrement riche au Moyen-âge sous la forme de récits populaires, d’images et de fabliaux. L’un des exemples les plus marquants, encore aujourd’hui très vivace, est le Roman de Renart – Reineke Fuchs en allemand. Le renard incarne tous les aspects de la ruse, de sa forme la plus légère aux stratagèmes les plus machiavéliques, L’animal, comme plus tard dans les Fables de La Fontaine, sert la critique sociale et nourrit la parodie de genres littéraires plus nobles à l’époque tels l’épopée ou le roman courtois.

Le Barabli s’inscrit grandement dans cet héritage satirique, et plus particulièrement dans les œuvres issues de l’humour rhénan. L’un des pères de cet humour régional est Sebastian Brant, auteur de La Nef des fous (1494). Il faut attendre véritablement le XIXe siècle pour retrouver une pratique humoristique et satirique telle que l’Alsace la connait aujourd’hui. La première comédie dialectale apparaît en 1816, il s’agit du Pfingstmontag écrit par Arnold. Des personnages emblématiques comme l’Ami Fritz ou le Hàns ìm Schnokeloch seront même repris par Germain Muller.

Le Théâtre Alsacien devient alors, comme l’écrit Georges Bischoff, « un espace de liberté et de rencontre inédit. Ses thèmes sont ceux des pièces de boulevard, mais les ressorts sont plus précisément conçus pour le public alsacien parce qu’ils collent à l’actualité (ce n’est pas encore du cabaret, mais on en approche). » 1

L’histoire trouble de l’Alsace et les nombreux changements décisifs qui ont altérés son paysage nourrissent cet art de la satire dont Germain Muller s’est fait l’un des plus grands représentants de l’après-guerre. En tant qu’Alsacien, l’autodérision lui a permis d’aborder des sujets divers et délicats : l’épuration, la collaboration, et dans un autre registre la politique régionale et celle de Strasbourg, l’accent alsacien etc.

Par son caractère satirique, le cabaret de Germain Muller aurait pu faire les frais de la censure, surtout à ses débuts où le traumatisme de la guerre laisse les Alsaciens encore muets. Même s’il n’en fût rien, son œuvre pose encore la question de la liberté d’expression, très discutée de nos jours en France.

- Analyse littéraire (14 ans et +) : Étudier les liens entre le Barabli et les comédies satiriques notamment Le Bourgeois Gentilhomme de Molière, Le mariage de Figaro (Beaumarchais), et rapprocher d’œuvres plus contemporaines comme celles de Joël Pommerat (Les marchands, La réunification des deux Corées) etc.
- Analyse picturale et création (14 ans et +) : Monter une iconographie de la satire (des œuvres littéraires médiévales aux récentes caricatures) et débattre sur la liberté d’expression.
- Visite (tout âge) : Se rendre au Kafteur, La Choucrouterie, Théâtre Alsacien, Compagnie Mémoires Vives, La Revue Scoute etc.

Activités

1 : Georges Bischoff, « Les mystères de la bonne humeur alsacienne, » in DNA hors-série Germain Muller et le Barabli, mars 2014

Stùb

Dans une ferme traditionnelle alsacienne, si la cuisine est le centre vital de la maison, la Stùb est le centre de la vie sociale et familiale des habitants. Déjà, par sa position stratégique : au rez-de-chaussée, elle donne à la fois sur la cour et sur la rue et fait ainsi le lien entre espace privé et espace public. C’est aussi la pièce commune de la maison, celle où les habitants se retrouvent pour partager un repas, et où ils se réunissent le soir pour vaquer à leurs occupations respectives. Grâce à la présence du poêle, chargé depuis la cuisine, la Stùb est la seule pièce chauffée de la maison. Cette impression de chaleur et de confort est accentuée par la présence des boiseries qui garnissent les murs.

Pour se renseigner sur les maisons alsacienne, voir le dossier de préparation à la visite du Musée Alsacien « habiter une maison alsacienne ».

Dans les familles paysannes, c’est même dans la Stùb que naissaient les enfants. La croyance populaire voulait que l’on protège la mère en condamnant toutes les ouvertures (fenêtres, portes, brèches) pour que les êtres dangereux ne puissent se faufiler.

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