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comme Nef des fous

Né en 1457 à Strasbourg, Sebastian Brant est une des figures majeures de l’humanisme rhénan. Après des études de droit à Bâle, il enseigna cette même discipline. Fin érudit, il se passionne pour les lettres de l’Antiquité et composa en latin et en grec quelques poèmes et des pièces en vers autour de questions morales, religieuses ou politiques. Ses origines le rattrapent peu à peu : très attaché à l’Alsace, il écrit dans sa langue maternelle, l’allemand (l’Alsace fait en effet partie depuis un millénaire du St Empire romain germanique) et puise son inspiration dans l’art poétique allemand. Après quelques publications sans réel succès, il obtient la reconnaissance en 1494, date de la publication bâloise de Das Narrenschiff – La Nef des fous en français. Long poème satirique (112 chapitres), la « Nef des Fous » est rédigé en langue vernaculaire. Le récit se présente comme « un catalogue des folies du monde, un répertoire des péchés, des erreurs où se fourvoie l’humanité, un cortège des sots et des fous, comme dans les carnavals, que l’auteur passe en revue dans l’intention d’exhorter à se réformer ces insensés qui courent à leur perte sans songer à sauver leur âme »¹.

La « Nef des Fous » voyage rapidement dans toute l’Europe, et est traduite en français, allemand, latin et flamand. L’ouvrage original est aussi réputé pour ses illustrations, des gravures qui sont l’œuvre du grand artiste allemand Albrecht Dürer.

Sebastian Brant comme Albrecht Dürer sont deux personnalités incontournables de la Renaissance humaniste, qui ont inspirés bon nombres d’artistes.

En 1964, Germain Muller s’inspire de Brant pour créer la revue S’Narreschiff. Le premier sketch, Narregaullie, reprend la célèbre couverture de l’ouvrage initiale. Le titre est un jeu de mot en référence au général De Gaulle, on pourrait le traduire par « La nef de De Gaulle » où ses personnages caricaturent les nouvelles folies du monde. Nul doute que Germain s’inscrit dans cette tradition de l’humour rhénan, et participe à l’expansion de la satire alsacienne.

- Création, Imagination (12 ans et +) : composer une « nef des fous » contemporaine, quelles seraient les folies modernes à mettre en scène? Possibilité de le faire sous forme de collage, de dessins ou de poème.
- Composition (16 ans et +) : Composer une « nef des fous » musicale en proposant une compilation de chansons qui mettent en scène la folie de manière générale, ou certains vices en particulier. Les articuler de manière cohérente et expliquer son choix à la classe.

Activités

1 : Nicole Taubes in Sébastien Brant, La Nef des fous, traduction et présentation par Nicole Taubes, Paris, J. Corti, 1997.
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