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comme Libération

La libération de l’Alsace s’organise sous le commandement du général Leclerc, qui fait prêter serment à ses hommes en 1941 à Koufra « jurez de ne déposer les armes que le jour où nos belles couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ».

La 2ème Division Blindée, au sein du 15e corps d’armée américain, libère fin octobre-novembre 1944 Epinal, Vittel, Contrexéville, Dompaire, Baccarat et Badonviller.

L’idée est ensuite de franchir les Vosges de part et d’autre de la trouée de Saverne pour atteindre la plaine d’Alsace et Strasbourg. Leclerc a depuis le début de la guerre cette idée fixe : libérer Strasbourg.

L’assaut débute le 23 novembre et malgré une féroce contre-attaque allemande, « tissu est dans iode » : les différents groupements alliés atteignent le pont de Kehl. L’Allemagne capitule. Le drapeau français flotte sur le haut de la cathédrale. Un drapeau tricolore constitué manuellement et dont la partie rouge – introuvable – a été découpé…sur un drapeau nazi. Strasbourg est libérée ce 23 novembre 1944, des dizaines de milliers de soldats allemands sont faits prisonniers.

Cependant, l’Alsace et sa capitale ne sont pas encore tout à fait en sécurité. Le 31 décembre, une nouvelle phase de l’offensive allemande est lancée sur l’Alsace, entre Bitche et Saverne : c’est l’opération Nordwind lancée par Hitler. La menace sur Strasbourg culmine le 5 janvier 1945.

Le général de Gaulle obtient des Américains que la 3e division algérienne défende la ville tandis que les troupes américaines se replient sur une ligne Haguenau-Wingen.

Un groupement de résistants des Forces Françaises de l’Intérieur renforce aussi le dispositif.

La bataille est rude. Il faut attendre l’intervention de la 2èmeDB, placée sous le commandement de la 1ère armée française et du maréchal Lattre de Tassigny, pour stabiliser le front à une quinzaine de kilomètre de la capitale alsacienne. Sur place, les habitants effrayés recommencent à évacuer vers l’Ouest.

Février 1945, dans des conditions hivernales compliquées, la 1ère armée française combat les troupes allemandes aux côtés des sections américaines dans « la poche de Colmar » qui est alors réoccupée. Les Allemands sont contraints de se replier en pays de Bade. Les Alliés avancent, les relations entre le Sud de l’Alsace et Strasbourg sont enfin rétablies.

Où est Germain Muller en cette fin 1944, début 1945 ? Réfugié en Suisse, il a rejoint le Groupe Mobile Alsace, un réseau de résistance qui avec d’autres antennes françaises a pour objectif la libération de l’Alsace. Balloté par les ordres et contre-ordres, Germain erre dans le Sud de l’Alsace. Il est à Mulhouse où il retrouve son oncle. Finalement, il est appelé à Strasbourg et franchit comme il le peut les 60 kilomètres qui le séparent de sa ville. Il arrive sur place le 5 décembre 1944. Il est stupéfait par les destructions, à la Meinau et au Neudorf d’abord, et enfin en centre-ville. Il se rue chez lui, et retrouve ses parents et sa sœur. Il apprend aussi qu’il est condamné à mort par contumace pour désertion ! Début janvier, quand les Strasbourgeois recommencent à évacuer le secteur, Germain décide aussi de fuir – surtout que le Tribunal Militaire Allemand est à ses trousses. Un accident de vélo le contraint à rebrousser chemin rapidement. Il reste alors à Strasbourg. Germain fonde avec Raymond Vogel, qu’il a retrouvé dans les locaux de Radio Strasbourg, « la société artistique et littéraire La Fontaine » en février 1945. Son but est de propager la culture française via le théâtre car « culturellement, 1945 était l’année zéro de l’Alsace ». Ils créeront ensemble, un an plus tard, Le Barabli.

Ainsi, la menace nazie est clairement éliminée en avril 1945. Les temps qui suivirent la Libération ne furent pas complètement apaisés (cf. Oradour). Il restera du temps avant que la paix soit en œuvre, et pour que l’Alsace soit en harmonie avec ses contradictions. Germain Muller y a contribué.

Chronologie de la Libération de l’Alsace

  • 19 novembre 1944 : Seppois, premier village alsacien libéré

  • 19-21 novembre : la 2e DB franchit les Vosges au nord de Saverne et au sud

  • 20-26 novembre : combats pour la libération de Mulhouse

  • 22 novembre : libération de Metz

  • 23 novembre : libération de Strasbourg

  • 27 novembre : arrivée à Strasbourg des autorités françaises

  • 18 décembre : les patrouilles allemandes franchissent le Rhin et au nord et au Sud de Strasbourg

  • 20 décembre : environ 1800 personnes internées au camp de Schirmeck, presque autant au Struthof

  • 30 décembre : discours du Gauleiter Wagner à Colmar « Le Reich reviendra. N’aidez pas l’ennemi ».

  • 31 décembre : début de l’offensive Nordwind (entre Bitch et Sarreguemines).

  • 3 janvier 1945 : sur intervention du général de Gaulle et de Winston Churchill, réorganisation en catastrophe du dispositif de défense de Strasbourg avec participation des FFI. Importance du général de Lattre de Tassigny dans cette mission.

  • 2 février : libération de Colmar, la bataille de la poche de Colmar prend fin le 9 février

  • 10 février : maintien des FFI d’Alsace. Visite du général De Gaulle à Mulhouse, Colmar, Saverne et Strasbourg

  • Printemps : développement accéléré d’un important marché noir, l’organisation administrative étant encore latente.

  • 15-16 avril : la 1ère armée occupe Kehl et libère Strasbourg de la menace allemande définitivement

- Visite (14 ans et +) : Se rendre à l’ancien camp du Struthof avec sa classe, sur les traces des anciens déportés. Faire un compte-rendu après, et réunir les écrits dans un journal. Agrémenter le journal d’illustrations (photographies prises sur place ou trouver dans les Archives).
- Visite et projet (14 ans et +) : Se rendre au Mémorial de l’Alsace-Moselle, qui retrace l’histoire des différentes annexions de ces deux régions. Se pencher particulièrement sur la question de l’amitié franco-allemande. Pourquoi ne pas entreprendre une correspondance avec une classe allemande, pour renforcer ce lien ?

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