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comme Enfin… n’en parlons plus !

« Avoir pu signer ce témoignage humain d’une époque particulièrement dangereuse pour les âmes représente la plus grande joie de ma vie. »

Germain Muller à propos d’Enfin... n’en parlons plus

Si les sketchs humoristiques du Barabli ont marqué l’esprit des alsaciens, tous ceux se souvenant de Germain Muller ne manquent pas d’évoquer « Enfin… redde m’r nimm devun! » (Enfin…n’en parlons plus!). Tout le monde s’accorde sur le génie de cette « tragi-comédie » alsacienne autour de la famille Meyer dont le père, joué par Germain lui-même, est un instituteur – en hommage à son propre père « qui a vraiment vécu cette comédie » de la Guerre.

Cette pièce en deux parties et onze tableaux, « s’est écrite toute seule » avoue Germain. Avec en toile de fond les quatre Noël de la guerre, Germain a voulu tendre aux Alsaciens le « miroir de quatre années d’occupation ». L’auteur donne consistance à tous les profils : des pro-allemands aux résistants, des déserteurs aux incarcérés, en passant par ceux qui ont courbé l’échine en attendant que ça passe…

Porté par ses propres souvenirs et ses recherches dignes d’un historien, Germain Muller compose en 1949 cette pièce unique où le dialecte retrouve ses lettres de noblesses, à un moment où il est pourtant si «chic de parler français ». Il est aussi très heureux d’offrir à ses comparses – Dinah Faust, Félice Haueser, Robert Breysach etc. « un rôle à la mesure de leur généreux talent ».

Enfin n’en parlons plus sera reprise par Germain en novembre 1954, en décembre 1961, mais aussi enregistrée pour la télévision en 1975 (30e anniversaire de la Libération de Strasbourg). Elle continue aujourd’hui d’être reprise par d’autres troupes de théâtres dans la région. Le malaise alsacien, très prégnant pendant la guerre, trouve ici sa plus éclatante mise en scène. Si ce thème est « le fond de commerce » du Barabli, la création de cette pièce permettra à Germain et à son cabaret de se tourner vers la satire d’autres problématiques :

« Le Barabli repartait à zéro. L’Europe à Strasbourg nous procurera de nouveaux motifs. » ¹


 

- Analyse littéraire (16 ans et +) : Étudier le monologue de Meyer (« Je suis d’Abraham »). Analyse comparée entre l’extrait et la Genèse 22, 1-18. Permet d’aborder la question historique du destin des Juifs en Alsace pendant la seconde guerre mondiale
- Interprétation (16 ans et +) : S’attacher à ce monologue ou un autre extrait de la pièce et l’interpréter en classe (édition bilingue édité par. Ronald Hirlé ; Le Journal l’Alsace, 1996)

Activités

1 : Les citations sont de Germain Muller, vous pouvez les retrouver dans leur intégralité dans l’ouvrage biographique de Bernard Jenny, Germain, p.201
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