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comme Chambre civique, Cabaret

Chambre civique

« La vraie liberté d’expression les fait trembler, même lorsqu’ils sont d’accord avec ceux qui savent être libres. »

Pierre Alven, le Journal d'Alsace

Au temps de la Libération, les Alsaciens accusés d’avoir collaboré avec l’occupant nazi subissent l’épuration. A partir d’août 1944, nombre de ces accusés prirent place dans des chambres civiques, c’est-à-dire des tribunaux spécifiques, où les accusés – qui ne sont pas punissables pénalement – sont condamnés à l’état d’indignité nationale, et punis de dégradation nationale.

Germain Muller, au lendemain de la guerre, n’hésite pas à mettre en scène ces chambres civiques. En effet, comme l’écrit Ronald Hirlé, « la première mission du cabaret sera de ramener les choses à de plus justes proportions, en dénonçant le ridicule de ces inévitables phénomènes d’après-guerre. » ¹

Dans son sketch « La chambre civique » (1947, revue Un wenn’s Katze räjt), Germain Muller joue lui-même un de ces accusés, le personnage imaginaire Lämpele, un pauvre lampiste analphabète qui aurait dénoncé des personnes au nom du Gauleiter Wagner, un haut fonctionnaire nazi installé à Strasbourg. La satire vise ici à dénoncer l’épuration dans sa forme la plus violente et les sanctions arbitraires dont est victime le lampiste alsacien – à l’instar d’autres personnes. Dinah Faust interprète l’avocate de Lämpele. Ses propos traduisent la pensée même de Germain Muller concernant les chambres civiques : « et ceux qui ont collaboré avec les anciens vainqueurs et qui réussissent facilement à échapper à l’absurde épuration imposée par les nouveaux vainqueurs ? …tout cela atteint le ridicule etc. »

Le public a chaleureusement accueilli ce sketch à Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Cette saynète est la manifestation la plus éclatante de la force satirique du cabaret qui n’hésite pas à jouer « à chaud » des thèmes déjà brûlants.

1 : Ronald Hirlé, Le Barabli – Histoire d’un cabaret bilingue 1946-1992, « Enfin n’en parlons plus », p.33, ed.Hirlé, Strasbourg

Cabaret

Le cabaret, de manière générale, n’a pas une vocation satirique. Il est difficile de tracer sa généalogie, tant le cabaret a eu des formes différentes à travers les siècles! De la comédie-ballet de Molière, en passant par les cabarets parisiens du XIXème siècle (Le Chat Noir, Les Folies Bergères …), les cafés-concerts et les cafés-théâtres (Café de la Gare, dans les années 60) et évidemment le cabaret satirique à la sauce alsacienne. Disons que ces ingrédients principaux sont le mélange : théâtre, danse, chanson. Un spectacle haut en couleur !

Aujourd’hui, en Alsace, la revue SCOUTE,  La Choucrouterie ou la Budig perpétuent la forme du cabaret satirique, avec ses sketchs humoristiques et ses chansons, et ne désemplissent pas.

D’autres pays, comme les Etats-Unis ou le Québec, sont aussi très importants pour la « culture cabaret ». On parle alors plutôt de music-hall, c’est-à-dire de spectacles musicaux pour la plupart joués à Broadway et très souvent transposés en film (West Side Story de J.Robbins et R.Wise, Cabaret de Bob Fosse, Hairspray de John Waters etc.). Germain était friand des music-hall joués à Broadway ! Il allait d’ailleurs tous les ans à New York pour trouver de l’inspiration pour ses prochaines revues.

- Analyse littéraire (12-16 ans) : Etudier les liens entre Le Barabli et les comédies-ballets de Molière, notamment la satire sociale contenue dans Le Bourgeois Gentilhomme.
- Analyse vidéo (12-16 ans) : Analyser en classe les différences entre : une revue du Barabli, un music-hall américain du choix de l’enseignant, des illustrations des cabarets du XIXème siècle (Toulouse-Lautrec, Manet, Steinlen…) pour appréhender les différentes formes de cabarets-spectacle.

Activités

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