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comme Barabli, Belle Strasbourgeoise

Le Barabli

« Tant il est vrai que les vérités sortent de la bouche des enfants terribles. »

« Drôle de Pépin » in Le parapluie / De Barabli, jeudi 16 octobre 1947

En alsacien, « bonjour » se dit « Bùschùr », une bouteille » se dit « e Bùttel », un bouchon « e Büschùng » et un parapluie « e Bàràblì ».

Voilà comment Germain Muller nous présente le Barabli, son cabaret, en jouant sur le dialecte et la prononciation des mots. Le terme de « Bàràblì » (prononcé « boroblé ») est important, ferait référence à un fait historique. Un « test d’authenticité alsacienne » mené par l’abbé Wetterlé était en vigueur dans les camps de prisonniers allemands en Alsace après la Première guerre mondiale. Pour ne libérer que les Alsaciens, on aurait montré aux prisonniers un parapluie en leur demandant « Was ist das? » : les Allemands répondaient « ein Schirm », les Alsaciens… « e Bàràblì ». Le test n’était pas infaillible puisque le mot Schìrm ou Rajeschìrm existe aussi largement en dialecte alsacien. C’est en référence à ce fait que l’épouse de Raymond Vogel, fondateur du Barabli avec Germain Muller, propose de nommer le cabaret.

Dans le périodique satirique bilingue « Le Parapluie / De Barabli » qui ne compta que deux numéros et précède la création du cabaret, Germain Muller annonce la couleur que prendra toute son œuvre dans un texte–manifeste intitulé « Drôle de pépin » « (…) Toutes ces explications pourraient bien, du reste, se résumer en ceci : de l’intérêt qu’il y a à appeler un chat ‘’un chat’’ et à ne point prendre les vessies pour des lanternes. Ni les lampistes pour des citrouilles. Or (…) un parapluie présente actuellement des vertus essentiellement démocratiques. (…) Cela cache neuf garçons qui ont la langue bien pendue et les dents solides et, du fait qu’ils n’appartiennent à aucune chapelle politique, peuvent se permettre de dire la vérité sur n’importe qui et n’importe quoi. »

Le mot « Bàràblì » s’enrichit donc grâce à Germain Muller d’un ressort comique. En nommant ainsi son cabaret, Germain informe d’abord le spectateur de son essence dialectale. Il nous fait aussi comprendre que ses revues traiteront de problématiques chères aux Alsaciens.

La Belle Strasbourgeoise

On dit de Hans Haug qu’il est « l’homme qui a « alsacianisé » les musées de Strasbourg » (in. Dictionnaire amoureux de l’Alsace, Gilles Pudlowski). On lui doit la fondation du musée historique de la ville, du musée de l’œuvre Notre-Dame, ainsi que l’acquisition de nombreux tableaux de valeurs au bénéfice des musées strasbourgeois. Il a également piloté le transfert d’œuvres pendant l’annexion de l’Alsace pour les sauver des pillages commis par les émissaires du Reich. Soutenu par Germain Muller, sous la casquette d’adjoint au maire à la culture, Hans Haug acquiert l’oeuvre de Nicolas de Largillière « La Belle Strasbourgeoise » lors d’une vente aux enchères à Londres en 1963. On sait peu de choses du modèle de ce tableau peint en 1703 par le protecteur de Chardin. Vraie strasbourgeoise ? Parisienne costumée ? Sœur du peintre ? Le mystère demeure. Son costume est celui du patriciat de la Cité entre 1688 et 1730, très prisé sous Louis XIV. Le chapeau reste l’élément notable de cette composition.

- Visite (8-10 ans) : se rendre au Musée des Beaux-arts et analyser le portrait en groupe : déterminer quels sont les moyens plastiques employés ? les intentions du peintre ? l’attitude du modèle ?
- Atelier d’écriture (10 ans et plus) : imaginer un dialogue entre le tableau et le visiteur ou un monologue de la Belle Strasbourgeoise.

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